L’émergence des usages du numérique dans la pratique professionnelle

Numérique

Si les professionnels possèdent tous des équipements leur permettant d’utiliser le numérique dans leur pratique, les usages, eux, se font plus hétérogènes et la télépratique demeure l’affaire d’une poignée d’initiés qui expérimentent de nouvelles façons de faire.

 

Définition de la télépratique
La télépratique est l’exercice d’une profession réglementée à distance à l’aide des technologies de l’information et de la communication (TIC). Elle comprend la téléconsultation, la téléexpertise, la télésurveillance et la téléassistance. Les activités qui y sont liées sont l’information auprès du public par les TIC, la supervision à distance, les services professionnels à distance et la transmission de données confidentielles au format numérique.

 

C’est principalement pour la tenue de dossiers (59 %) que le numérique est utilisé régulièrement par les professionnels, qui l’utilisent aussi pour la prise de notes (27 %) et la transmission de renseignements confidentiels (26 %). Toutefois, lorsqu’il s’agit d’autres pratiques, comme le suivi auprès des patients/clients par le numérique ou l’utilisation d’applications mobiles, les usages se font encore discrets, rejoignant moins d’un professionnel sur cinq.

 

Usage du numérique Cefrio | Proclic

Ce sont les professionnels dont la pratique est davantage liée à la santé qu’aux relations humaines qui utilisent davantage le numérique en support à la tenue de leurs dossiers (pharmaciens, orthophonistes et audiologistes, ergothérapeutes). De même, dans les professions liées à la santé, l’usage du Dossier Santé Québec (DSQ) se démarque chez les pharmaciens (71 %) alors qu’il est très peu utilisé par les autres professionnels, exception faite des infirmières (19 %). Rappelons que les processus établis ne permettent pas pour l’instant aux professionnels autres que les médecins, pharmaciens et infirmières d’accéder et de contribuer au DSQ.

 

Enfin, soulignons que les jeunes professionnels se démarquent par leur utilisation de supports numériques pour transmettre des renseignements confidentiels (31 % des moins de 5 ans d’expérience, comparativement à 26 % de l’ensemble des professionnels), ce qui n’a rien d’étonnant considérant le contexte de partage rapide d’information dans lequel ils ont l’habitude d’évoluer.

 

Communication avec les patients et les clients par le numérique

Le numérique demeure très peu présent dans les communications avec les patients et clients des professionnels de la santé et des relations humaines. Lorsqu’ils communiquent avec leurs patients/clients à l’aide du numérique, les professionnels le font surtout par messagerie sécurisée (portail ou programme sécurisé), bien que cette pratique demeure timide (26 %). Une grande variabilité est toutefois observée ici selon la profession, suggérant que certains types de pratique, comme celles des orthophonistes et audiologistes (52 %), des psychoéducateurs (47 %), des travailleurs sociaux (43 %), des ergothérapeutes (41 %) ou des conseillers d’orientation (40 %) s’y prêtent davantage que d’autres.

 

Communication à distance | Proclic

Quelques pratiques intéressantes semblent émerger du côté de l’utilisation de la messagerie texte (7 %), notamment chez les psychologues (19 %) alors que les autres modes de communication par le numérique, dont la messagerie instantanée et la vidéoconférence, sont utilisés par moins de 6 % des répondants. Le fait d’avoir autorité décisionnelle complète en matière de numérique, c’est-à-dire de pouvoir prendre soi-même les décisions qui s’y rapportent, et de travailler dans le secteur privé sont ici liés à une plus grande utilisation de ces outils, ce qui appuie l’hypothèse selon laquelle les contraintes des institutions publiques (accès aux équipements, configuration du réseau, politiques, etc.) ne sont pas étrangères au retard observé dans l’usage du numérique dans
ces milieux.

 

 

Le milieu communautaire, pour sa part, semble être un terrain plus favorable pour voir naître des pratiques mettant à contribution des outils gratuits et publics comme Skype, Facetime ou Messenger (8 % comparativement à 1 % chez l’ensemble des professionnels), la messagerie instantanée (9 % comparativement à 2 %) ou la messagerie électronique de type Gmail, Yahoo ou Hotmail (25 % comparativement à 11 %), ce qui témoigne de la créativité du milieu pour rejoindre sa clientèle tout en n’engageant pas de sommes importantes en matière d’infrastructure.

 

Pratique innovante : l’utilisation des textos en intervention
En mars 2013, l’organisme Tel-jeunes se tournait vers un nouveau mode d’intervention par texto pour rejoindre sa clientèle des jeunes de 12 à 18 ans. Alors que ceux-ci pouvaient déjà faire part de leurs problèmes par téléphone, courriel, clavardage ou via un forum d’entraide, ce projet a permis de rejoindre des jeunes ne communiquant pas avec le service autrement, et de répondre à leurs demandes qui touchaient principalement les thématiques de relations amoureuses, santé psychologique et sexualité. L’expérience a fait l’objet d’une documentation sur le plan de la recherche.

 

Parmi les observations réalisées, on note les points suivants :

  • le besoin des jeunes d’être rassurés sur le fait que le service par texto est bien géré par un humain et non un robot;
  • le délai de réponse fait l’objet d’une attente d’une certaine instantanéité, compte tenu des usages habituels des jeunes avec ce mode de communication;
  • du côté des intervenants, une certaine ambivalence : ils jugent l’outil efficace mais trouvent
    difficile d’intervenir sur des problèmes complexes à l’aide de ce mode de communication.

 

Les résultats de la recherche ont permis de conclure que le service de texto répond à un besoin de communication des jeunes, qui utilisent ce moyen dans leur vie quotidienne. Le service a permis de rejoindre une nouvelle clientèle, les intervenants le jugent « adapté, très efficace et satisfaisant pour répondre aux questions courtes des jeunes ».

 

S’il est peu utilisé pour communiquer avec les patients et clients, le numérique n’a pas non plus fait d’entrée marquée dans les communications entre professionnels pour solliciter un avis à distance. Ici aussi, c’est la messagerie sécurisée qui demeure la plus populaire (28 %), alors que tous les autres modes de communication à distance par le numérique demeurent utilisés par moins de 10 % des répondants.

Avis d'autres professionnels | Proclic

Pratique innovante : téléconsultation en cardiologie et en ophtalomologie
À l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ), un projet de téléconsultation avec patient est en place en échocardiographie. Ce projet permet la transmission d’images d’échocardiographie à distance sous supervision d’un cardiologue alors que les technologues du centre affilié réalisent les échocardiographies. Une
entente de service doit être signée entre les centre affiliés pour rendre le tout possible, dans un contexte d’absence du cardiologue à l’hôpital où a lieu l’échocardiographie.

 

Toujours à l’IUCPQ, de la téléconsultation a lieu entre infirmières, chirurgiens cardiaques et professionnels des centres affiliés, en présence d’une clientèle opérée à l’institut. Cela permet aux centres possédant une caméra dermatologique (présentement à Sept-Îles, Gaspé et Chandler) d’être soutenus à distance dans l’évaluation et le traitement postopératoire des plaies de chirurgie cardiaque. Au RUISS McGill, le dépistage de la rétinopathie diabétique peut se faire à distance. Ce dépistage s’effectue par prises d’images de la rétine avec une caméra de fond d’oeil par un personnel formé à cet effet en CSSS. Ces images sont ensuite transmises électroniquement sur une plateforme sécurisée qui permet à des spécialistes d’en faire l’interprétation et de poser un diagnostic à distance. En présence de rétinopathie, les spécialistes recommandent le suivi approprié du patient, selon les meilleures pratiques
de la Société canadienne d’ophtalmologie. Le modèle implanté assure ainsi le continuum de soins pour une prise en charge adéquate, en temps opportun, suite au dépistage.

(Informations tirées du rapport de synthèse de novembre 20106 de CEFRIO : Percées du numérique dans la pratique professionnelle en santé et relations humaines)

En conclusion

Il est clair qu’un virage numérique est déjà bien enclenché à plusieurs niveaux et que celui-ci touche aussi les services professionnels. Il devient donc très avantageux pour un professionnel d’offrir l’approche d’un bureau virtuel à sa clientèle.

C’est pourquoi Proclic vous invite à découvrir sa plateforme de consultation en ligne humclic. Cette plateforme est en fait un bureau virtuel et solutions technologiques hautement adaptés et sécurisés pour la pratique de consultation en ligne.

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